Hell, Lolita Pille

Publié le par La cerise

Note générale: 2,5/5
Fun factor: 5/5

 Quand j'ai dit que je me ridiculiserais à parler de bouquins sortis depuis des lustres et que tout le monde a déjà lus, vous voyez que je n'ai pas menti: là en plus tout le monde a déjà vu le film (ou au moins l'affiche du film), mais finalement, hein, pourquoi pas, après tout ,le ridicule ne tue pas.
En fait, mon intention non voilée est de donner un tour un poil plus racoleur à ce blog (oui je sais, c'est pas dur)  en vous présentant ce bouquin rich & sexy, pas intello pour 2 sous, plutôt fascinant et même pas nul (contrairement à "Bubble Gum" le 2e roman de Lolita Pille, que je vous déconseille énergiquement: du wannabe Bret Easton Ellis qui se la pète, faussement cool et vraiment nul).

Mais revenons à "Hell": c'est donc un tableau de la jeunesse dorée parisienne, un peu comme une pub pour Calvin Klein mais en France, quoi, et en encore plus friqué, si c'était possible.
L'héroïne c'est  la jeune Hell, née Ella, plus ou moins 18 ans, qui a pris ce surnom car évidemment, elle vit un enfer la pauvre, entre le shopping sur l'avenue Montaigne et la défonce dans les palaces parisiens. Le thème du bouquin étant "être jeune, beau, oisif et très très riche, c'est vraiment trop dur".

Vous allez me dire: what's the point? Qu'est-ce qui a donc noici ton âme pour que tu nous conseilles ce torchon insipide, égocentrique et arrogant?
En fait, comme vous l'avez remarqué, j'aime beaucoup la satire, et c'est une description au vitriol de la faune parisienne cool et sexy . Personnellement j'ai trouvé ça drôle, et savoureux aussi, car il me semble que l'auteur a voulu honnêtement montrer l'envers du décor. C'est une oeuvre révélatrice, et en cela c'est une bonne oeuvre: elle nous dit en gros  que l'amour (parental, filial, romantique) n'est pas possible dans un tel monde, que ce mode de vie envié de tous est en fait une espèce d'enfer de glace à la Dante. Que les pauvres petits enfants riches le sont vraiment (pauvres, donc).
On peut aussi trouver énervant l'étalage de ce luxe, tout le "show-off" , cette provoc aux couleurs de Gucci-Dior-Ferrari qui fascine à la lecture, mais au fond, c'est un peu de la jalousie quand même, de la lecture au 0,5e degré (de mon point de vue).

Enfin dans tous les cas, ce qui vous intéressera le plus c'est que ça se lit tout seul. Il y a un côté voyeur et "gossip girl" assez scotchant. Hell, finalement c'est un peu la princesse de Clèves qui aurait mal tourné (bon OK, vraiment très très mal!).
Le bouquin est surtout bon dans sa première moitié, après, avec l'histoire d'"amour", ça devient plus faible (surtout au niveau de la satire qui est moins drôle) mais c'est cohérent avec son projet littéraire, alors on lui pardonne, en fait (ou pas, comme on dit aujourd'hui).
Lisez-le, si ce n'est pas déjà fait, ça m'intéresse de savoir ce que vous en avez pensé! 

Publié dans Critiques de livres

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gestland 24/08/2009 09:00

alors ça tu sais, le fait d'être imbu de soi-même n'aide pas à se rendre compte de sa véritable valeur ;-) waouh je crois que c'est une des choses les plus méchantes que j'ai écrites ;-) Pour le livre je verrai si je le trouve à ma bibliothèque... car je ne compte pas l'acheter!

La cerise 21/08/2009 13:03

Ne te sens pas obligée véro ;)
mais franchement c'est du easy-reading, et comme je l'ai dit j'ai trouvé ce bouquin plutôt bon en tout. Il est énervant et racoleur, mais il a qqch de véritable au fond (bon peut-être très très au fond ;) )
J'ai lu que Beigdeber avait supervisé son 2e roman, c'est sûrement pour ça qu'il est si nul. je n'ai jamais lu un auteur plus nul (enfin, je lis quand même, hien, car c'est du easy-reading aussi)! Pourtant il a les mêmes goûts que moi (il aime la montagne magique et les frères Karamazov)c'est troublant qu'il ne se rende pas compte qu'il ne fait pas de littérature.

gestland 20/08/2009 09:35

ben sincèrement je ne sais pas si j'ai envie de le lire;-) mais en même temps je lis tellement de romans pour filles que bon pourquoi pas!