Vendredi 16 octobre 2009

Note générale: 3/5

Fun factor: 5/5
Titre en VO: The Seamstress

Eh oui, le niveau de ce blog monte dangereusement, je me mets à conseiller les mêmes livres que "Elle USA".

Mais j'ai tenté, comme ça, prise d'une impulsion subite à la bibliothèque, et pour une fois j'ai été bien inspirée. Voilà un bon petit roman, sorti récemment (mai 2009 en France, je crois) à déguster tranquillement au coin du feu.
Je ne dirais pas qu'il révolutionne la littérature de ces 20 dernières années, mais c'est un bouquin très agréable à lire et très prenant, de bonne facture et plutôt bien écrit, de manière très fluide et imagée (même s'il y a de temps en temps quelques bizarreries de vocabulaire, dues à la traduction peut-être...).

Ca commence, commme toujours dans un bon roman, par une histoire bien trouvée: dans le Brésil des années 30, deux soeurs, Emilia et Luzia, sont de modestes petites couturères élevées par leur tante dans un village- du genre super paumé- en plein milieu du Nordeste (c'est une espèce de semi-désert très chaud apparemment). Leurs destins se séparent quand Emilia recherche l'ascension sociale à travers le mariage avec un bourgeois de Recife, et Luzia prend la voie d'une vie marginale et aventureuse...

Alors déjà, comme le titre l'indique, il y a le côté "fringue" qui est sympathique (surtout si vous êtes une fille  évidemment, mais si ce n'est pas le cas, rassurez-vous, c'est plutôt subtil et pas du tout lourd, il y a un intérêt littéraire, quoi, un peu comme les descriptions des étoffes dans "Au bonheur des Dames" chez Zola).

Mais la grande qualité de ce roman est son pouvoir d'évocation du Brésil: on est littéralement transporté dans cette culture, que finalement on connaît de manière très superficielle. Ce livre donne d'ailleurs très envie de boire des caïpirinhas, manger des piments verts et du chili... d'aller au Brésil bien sûr aussi, mais comme il y a beaucoup de descriptions de pénurie et famine, on devient bizarrement pas mal branché bouffe (un peu comme dans les romans médiévaux de Ken Folllet, quand on a l'impression qu'ils n'ont rien à manger, vous voyez le truc?).

D'ailleurs, justement, les épisodes évoquant la famine sont particulièrement forts, et  donnent réellement à voir ce qu'on a tendance à considérer, depuis notre société d'abondance, de manière relativement abstraite (enfin, en tous cas, moi qui suis assez dépourvue naturellement de conscience sociale et politique,  les famines sous  l'Ancien Régime, la Faim dans le monde, tout ça,   j'avais tendance à dire  "c'est horrible" histoire d'être tranquille, mais depuis que j'ai lu ce bouquin je vois que c'est VRAIMENT horrible).

Bref, du bon divertissement, avec juste ce qu'il faut de réflexion pour avoir l'impression d'apprendre quelque chose quand même (car pour moi une bonne lecture enrichit toujours son lecteur), donc si vous le voyez traîner, ne vous laissez pas influencer par le paraphe kitschouille de la jaquette et ouvrez-le, vous ne le regretterez pas! 

Par La cerise - Publié dans : Critiques de livres
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Jeudi 8 octobre 2009

Note générale: 5/5
Fun factor: 3,5/5
Titre en VO: De ontdekking van de hemel

Après avoir fini ce vaste roman total contemporain (oui je sais, encore un, mais c'est l'inconvénient de ne vous parler que de mes coups de coeur) je me sentais très maligne. Je me sentais ouverte sur le monde,  Citoyenne du Monde des Arts et des Lettres,  une vraie "happy few",  quoi, car qui lit des romans néerlandais foisonnants et intellectuels, et actuels en plus?
Oui je sais, personne. Enfin, si, vous, si cet article vous donne envie de lire ce bouquin. Mais j'anticipe.

Il se trouve que je ne vous ai jamais raconté, car bon, c'est un blog sur les livres à la base, mais j'ai un ami néerlandais. Donc un jour, je lui dis, l'air de rien, et ménageant mes effets: "oh tiens justement, tu sais, je viens de lire un roman néerlandais!"
Et là il me réplique tout de go: "ah oui, quoi comme roman, La découverte du ciel?"...
Merci ami néerlandais de me casser la baraque tout de suite, ça fait toujours plaisir.

Il se trouve donc que c'est l'énorme best-seller au Pays-bas, adapté à la télé et tout. Je dois dire que je suis assez surprise car c'est plutôt intello comme bouquin. Cela dit,  '  La Montagne magique" a aussi été adaptée à la télé (bon OK il n'y a qu'Arte pour le diffuser), ce qui prouve que la télé n'a peur de rien.
Quoi qu'il en soit, mon ami néerlandais avait beau faire le blasé, il ne l'avait pas lu, lui! (haha!)
Apparemment ce roman ferait partie du genre bien connu des livres que tout le monde connaît mais que personne ne lit.... heureusement votre blog littéraire préféré  est là pour vous dévoiler  le contenu de ce fleuron de la culture néerlandaise.

Or donc, que peut-on espérer en ouvrant '"La découverte du ciel"? Personnellement, j'espérais un livre à vocation spirituelle et je n'ai pas été déçue: livre sur la nécessité, la morale, le désir, la marche des étoiles et du monde....
Mais c'est un vrai roman aussi, dans le sens où c'est avant tout une histoire: celle de 2 personnages, Onno Quist et Max Delius, réunis d'abord par le hasard une nuit de février sur la route d'Amsterdam, puis par une amité indéfectible.
 
La richesse thématique du roman joue en grande partie sur les contrastes entre ces 2 héros: Max , astronome, scientifique est une sorte de séducteur un peu cynique  avec une (très) lourde hérédité (orphelin d'une mère juive déportée et d'un père collaborateur, il fallait oser...). 
Onno, lui, héritier d'une famille de notables calvinistes, est un intellectuel un peu déphasé avec la vie réelle, spécialiste des langues anciennes. Ils rencontrent le destin sous la forme d'une jeune violoncelliste, Ada... et la 2e moitié du roman se déploie dans une quête initiatique un peu à la façon du roman d'aventure (à la Dan Brown si vous voulez, mais en moins formaté pour la vente). Une particularité plutôt séduisante de ce bouquin, c'est la peinture de la culture néerlandaise, des canaux d'Amsterdam aux fameuses "croquettes" de viande hachée  dont Otto est friand et qui ont beaucoup excité ma curiosité (j'ai fini par en manger au bar hollandais de Paris... c'est un peu bizarre, je vous préviens, vous pouvez vous dispenser de fantasmer dessus :) ).

C'est un roman foisonnnant dont le sens est complexe, surtout sous le rapport de la morale: en fait tout le livre se structure autour du Décalogue (les dix commandements, la loi morale, enfin pas besoin de vous faire un dessin). A côté de ça, le personnage principal, Max,  se caractérise par une conduite plutôt immorale ( pas méchante mais absolument égoïste...il est bien, du point de vue des défauts au moins, "un héros de notre temps" comme disait Camus).

La conclusion est énigmatique pour beaucoup de lecteurs, car comme c'est un roman plein d'aventure, de romance, d'humour, haut en couleurs en un mot, on a  peut-être du mal à saisir  son pessimisme radical, même si de mon point de vue, c'est cette lucidité-là qui donne sa profondeur finale au roman... Bon, comme vous n'avez pas lu le bouquin et que je suis en train de résister tant bien que mal à la pulsion de vous raconter la fin, j'ai conscience de parler de manière un peu obscure. Mais lisez-le, on en parlera!

Par La cerise
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Lundi 28 septembre 2009
Note générale: 4/5
Fun factor: 3,5/5

Pour une fois et en l'honneur de la sacro-sainte "rentrée littéraire", je cède aux sirènes du "tout nouveau, tout beau" ... oui, malgré mon projet initial pour ce blog,  de temps en temps, je me sens un peu coupable de vous assommer régulièrement avec des classiques plus ou moins volumineux (même si ce sont des oeuvres immortelles évidemment).
 Voilà donc, tout frais sorti des presses et déjà lu pour vous, "L'origine de la violence", de Fabrice Humbert. En plus ça tombe bien car c'est un peu l'anti- "Sarah's key" (voir article précédent) sur le même sujet ou presque, celui du devoir de mémoire.
Quand CERTAINS romans donc, que je n'ai plus besoin de nommer ;)  cèdent à la facilité et la sentimentalité dégoulinante (bon OK j'arrête de tirer sur l'ambulance), ça fait du bien de lire un livre exigeant, un peu brouillon peut-être à force de vouloir suivre les méandres de la mémoire, mais plein de sens, fort et sans concessions.

L'histoire est celle d'un jeune professeur, issu de la grande bourgoisie tradionnelle, qui, à l'occasion d'une visite scolaire dans le camp de Buchenwald aperçoit la photo d'un détenu qui ressemble trait pour trait à son père. Troublé, il ne peut s'empêcher de mener l'enquête, malgré la réserve évidente du principal intéressé.

J'ai retrouvé dans ce  témoignage de la 2e voire 3e génération, un peu de la piété filiale mêlée d'ambivalence, de lutte pour la vérité par-delà l'émotion, qu'on voit dans l'excellente série BD "Maus " si vous la connaissez (mais bon, il n'y a pas de dessins, donc c'est un peu moins facile d'accès évidemment!).
En bref, il y a une volonté de comprendre les raisons de l'horreur (cf. le titre),  et aussi de témoigner et de rendre hommage aux victimes, mais sans les sanctifier, dans leur vérité d'hommme. 
Comme dans "Maus", la partie qui décrit le camp est très forte et rappelle "si c'est un homme" de Primo Levi, sans le côté "à vif", avec une distance qui permet plus d'analyse, et la conclusion sur la vérité ultime du camp de concentration: ce que d'autres ont très justement appelé l'effroyable banalité du mal.

Je vous rassure, ça paraît très sérieux et un peu (beaucoup) conceptuel présenté comme ça, mais c'est un roman plutôt facile à lire, écrit dans un style clair et agréable, narratif, ancré dans le réel, et  à bien des égards bouleversant.

Donc si vous avez envie de briller en société, esprit " oh oui, tu vois, j'essaie de suivre un peu l'actu littéraire" (prendre l'air faussement modeste de rigueur), cette lecture à la fois sérieuse et  passionnante est sans aucun doute une très bonne pioche!
Par La cerise - Publié dans : Critiques de livres
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Mercredi 16 septembre 2009

Note générale: 1/5 (roman de gare totalement nul)
Fun factor: 4,5/5 (ca se lit bien, quoi, et puis c'est court) 
Titre en VO: Sarah's key


Aujourd'hui, je fête mes 20 critiques de livres (ouaaaaiis) ! Pour célébrer dignement cette longévité inespérée, j'ai décidé de pimenter un peu ce gentil petit blog avec un méchant anti coup de coeur.


Je vous présente donc ce best-seller totalement  plat, dégoulinant de bons sentiments,  à l'intrigue tirée par les cheveux et dont le seul mérite et d'évoquer un épisode sombre de l'Histoire.

Je n'ai rien contre les romans évoquant l'Holocauste, au contraire, déjà si c'était le cas, je serais mal barrée, car il y en a énormément, et en plus, quand c'est bien fait, le résultat artistique est souvent  plus que fort, voire carrément chef-d'oeuvre-istique.

Mais comme vous l'avez compris, là n'est pas DU TOUT le cas pour ce roman.
J'ai envie de dire, "de bonnes idées, mais (très) mal exploitées":  écrire sur le Vel d'hiv', oui pourquoi pas, c'est vrai que l'épisode est méconnu, comme tout ce qui touche à la collaboration. Mettre une petite fille au milieu, c'est un peu facile, mais ça marche toujours (en temps normal). Faire un balancement avec une intrigue parallèle qui se passe à notre époque, ça tombe sous le sens pour un roman qui traite du devoir de mémoire.

Mais POURQUOI les personnages sont-ils si désepérément sans relief (surtout la narratrice, la journaliste, je crois qu'elle gagne haut le main le prix du personnage principal le plus fadasse de l'histoire des bests-sellers), l'écriture au degré zéro (par pure pitié, je ne m'étendrai pas sur l'intrigue pseudo-sentimentale traitant des problèmes de couple de mon amie journaliste, vous voyez aussi bien que moi que ça arrive comme un cheveu sur la soupe), les descriptions dignes d'un dossier d'Okapi? Il n'y a pas de psychologie, rien, pas de réflexion au-delà de "les crimes contre l'humanité, c'est horrible, et la collaboration et le déni, c'est mal" (merci pour le scoop), c'est purement illustratif au mieux. Quant à l'intrigue principale, elle se veut émouvante et tragique, mais sans parler de larmes, je n'ai même pas eu la gorge serrée,  et pourtant je pleure devant "La petite maison dans la prairie", donc vous savez à quoi vous en tenir.

Franchement, écoutez "Comme toi" de Goldman, ça sera plus vite fait. 

Par La cerise - Publié dans : Critiques de livres
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Mercredi 9 septembre 2009
Note générale: 3/5
Fun Factor: 5/5
Titre en VO: World without end


Voilà l'occasion de vous remercier chers lecteurs et surtout lectrices de ce blog, car sans vous je n'aurais pas découvert cet auteur (oui je sais, il est mondialement connu et alors? En fait je croyais que c'était comme Stephen King sur lequel j'ai de gros a prioris... c'est bien au fait Stephen King?) .
Je vous dédie donc cette critique de son dernier livre (sorti en 2008), ce qui tombe bien car justement on retrouve la même image circulaire, d'un monde sans fin comme un serpent qui se mord la queue... bref j'arrête de faire des figures de style car je viens de me perdre moi-même en route. 

Pour faire synthétique (ce que ce livre n'est pas), ce sont les 1200 pages les plus courtes que j'ai jamais lues! C'est bien simple, ce bouquin n'est pas prenant, il est haletant, tout autant que "Les piliers de la terre" son illustre et vendu-à-mille-millions-d'exemplaires prédécesseur.
Pour tout vous avouer, en plus, j'ai toujours eu un faible pour les romans médiévaux (genre j'ai lu les oeuvres complètes de Jeanne Bourin entre 12 et 13 ans) donc forcément, je ne pouvais que craquer.

La recette reste la même que pour "les piliers de la Terre": simple mais diaboliquement efficace.
Je résume le schéma: sur fond de fresque historique, une constellation de personnages très réalistes et bien caractérisés (la jeune femme moderne fille de commerçants, le bâtisseur visionnaire, le chevalier brutal, le prieur conservateur...) se rencontrent  avec à chaque fois des buts précis: certains sont bons et veulent faire le bien et/ou trouver l'amour véritable, d'autres sont méchants,  totalement idiots et bornés en prime, et ne s'intéressent qu'à leur propres pulsions viles et vicieuses... donc du coup on devient fou, on veut absolument que les bons gagnent... jusqu'à la prochaine mini-intrigue, avec d'autrez bons, d'autres méchants, etc... où on devient fou car il FAUT que les bons gagnent enfin!! Et voilà comment vous lisez 1200 pages sans vous en apercevoir ou presque (en revanche, votre entourage s'en aperçoit, et devient fou aussi, car il ne sait pas comment vous tirer de ce bouquin...).

Ce qui est original , c'est que Ken Follet prend quelquefois le point de vue des méchants (surtout avant qu'ils ne deviennent TROP méchants), ça enrichit bien la narration. D'ailleurs, par rapport aux "piliers", ce roman est peut-être plus mûr car un peu moins manichéen, il n'y a pas le "super méchant" et l'héroïne est moins une parfaite perfection.... Je trouve aussi que les questions économiques et sociales de l'époque (featuring la Peste Noire, inutile de vous dire que la Grippe A n'a plus qu'à aller se rhabiller) sont abordées plus précisément, il y a une "matière historique" autour qui donne une profondeur à une histoire qui serait peut-être un peu plate sans cet enrobage.
En bref, du pur divertissement, mais habile, bien écrit, bien mené.... à consommer sans modération!
Par La cerise - Publié dans : Critiques de livres
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Qui suis-je?


JF, 28 ans, mariée, habitant Paris, la lecture est ma passion depuis toujours. Littéraire contrariée, je me défoule sur ce blog, car que vaut la vie sans littérature? (cf le titre)

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